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Reportage: les gilets jaunes face aux pièges de la répression policière! Par Charles Demassieux! Prologue Gérard Brazon

Je pose toujours la même question: jusqu’où la police, les gendarmes vont-ils obéir aux ordres ? Comment peuvent-ils obéir aux ordres de diffuser des gaz lacrymogène d’origine militaire, de tirer aux flash-balls à hauteur de visage, des balles qui fracassent les orbites, les dents, alors que la foule est pacifique !

La foule est autorisée, puis parquée, puis souvent coincée dans des boulevards, des rues et elle est prises aux pièges comme des bestiaux ! Qui donne les ordres de tirer alors que rien ne se passe ? Qui sont responsables ? Quels sont les buts ? Est-ce celui de faire du papier, de salir les gilets jaunes ? Les responsables depuis la dernière guerre, on les connait, ce sont ceux qui donne les ordres bien sûr, mais aussi ceux qui obéissent sans protester ! Quand Messieurs les policiers et gendarmes, allez-vous le comprendre ?

Gérard Brazon 

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Au départ de cette journée épique, je me suis rendu au Panthéon. Une poignée de Gilets jaunes y attendaient gentiment pour participer à une manifestation déclarée, tandis que les équipes de BFMTV, LCI, France Info, etc. venaient les voir sans crainte et reçus très cordialement, avec quelques petites plaisanteries piquantes à leur endroit, je l’admets volontiers !

Par Charles Demassieux

Un parcours avait ainsi été organisé et accepté par la préfecture de Paris. Rien que de très normal sous le soleil des manifestations.

Le cortège a donc louvoyé dans les rues de ce quartier mythique de la révolte étudiante de Mai 68 – dont beaucoup de participants sont devenus depuis des serviteurs zélés de ce qu’ils fustigeaient jadis ! – suivi de près par des forces de police plutôt paisibles. Il n’y avait ni injures ni casse ; il y avait des hommes et des femmes venus de la France entière ; il y avait, enfin, le souci de rendre hommage aux victimes – nombreuses ! – parmi les Gilets jaunes. La faute sans doute à certains médias et gouvernants qui, à force de salir ce mouvement, ont peut-être décomplexé les uns et les autres à leur foncer dessus. Ce n’est qu’une hypothèse !

Devant l’église Saint-Germain-des-Prés une minute de silence a été observée pendant que des Gilets jaunes s’agenouillaient, mains derrière la nuque, pour signifier la répression disproportionnée contre eux. Répression qui engendrerait des débordements dans la journée. Pour l’heure, la manifestation s’est dispersée dans le calme. Rendez-vous était pris à l’Hôtel-de-Ville, à 14 heures, pour une autre manifestation déclarée.

En attendant, j’ai poursuivi ma route avec un groupe de jeunes secouristes qui, à défaut de se prélasser dans un consumérisme frénétique comme nombre de leurs semblables, préféraient aider leur prochain. Je leur ai dit toute mon admiration, notamment à une jeune femme de vingt-trois ans, infirmière de son état, et aussi jolie que dévouée. Après un repas pris avec cette jeunesse vivifiante, je me suis dirigé vers le point de ralliement.

Selon les chiffres officiels, on devait être une poignée, ainsi que le laissaient croire les cadrages des chaînes d’information continue. En réalité, ça convergeait de partout, devant des CRS et gendarmes cette fois-ci sensiblement tendus. On chantait : pas toujours des gentillesses, notamment à l’égard d’Emmanuel Macron et Christophe Castaner, lequel en a pris pour son grade, ce qui était, selon moi, amplement mérité.

Des slogans sur les gilets, les pancartes, les drapeaux s’égrenaient, affirmant souvent le contraire de ce que la pensée officielle imputait à ce mouvement populaire, tel cet homme ayant écrit sur un drapeau bleu-blanc-rouge qu’il n’était pas ici question d’homophobie, de racisme ou d’antisémitisme, mais bel et bien de la reconnaissance d’un peuple qui avait tout de même fait la France. Et si la question de l’immigration était évoquée chez certains, c’était toujours avec raison et sans haine car, rappelons-le une énième fois : l’immigration est autant un gouffre financier que civilisationnel. Il y avait même un Gilet jaune christique, portant une croix, sur laquelle on pouvait lire : « Pas de paix sociale sans partage équitable ! Le peuple n’est pas une vache à lait » et « Liberté égalité fraternité n’est qu’au sommet des mairies ! Que ce soit enfin appliqué à tous ! »

Puis cette masse jaune s’est mise en branle, bruyamment, certes, mais toujours sans casse ni heurts. Sur le pont Notre-Dame, qui relie la rive droite de Paris à l’Île de la Cité, les gaz lacrymogènes se sont mis à pleuvoir sans raison apparente, lancés depuis le quai de Gesvres. S’ensuivit un mouvement de panique. Pourquoi par ailleurs, tandis que la plupart de nous portions des masques, dont certains très élaborés et qui suffisaient jusqu’à présent à neutraliser les effets de ces nuages répressifs, avons-nous tous suffoqué ? Un élément de réponse m’a été donné : les forces de l’ordre utilisent désormais des gaz plus puissants.

La colère a alors commencé à poindre et les propos sont devenus nettement moins pacifiques. Je précise que sur le pont en question il y avait pas mal de retraités ; sans doute des « factieux » et des « séditieux », comme le claironnent à l’envi les valets de Macron ! Vocabulaire très robespierriste, soit dit en passant. Est-ce à dire que le pouvoir réserve aux Gilets jaunes le même sort que les Vendéens ? Qui sait ?

Malgré tout, on a continué, direction Rive gauche et l’Assemblée nationale. Une fois n’est pas coutume, un média – Brut – a reçu une ovation lorsqu’il a pointé le bout de son nez.

Hélas, les autorités ne l’entendaient pas de cette oreille. Au niveau du musée d’Orsay, barrages et encerclement nous attendaient. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ça explose. Et je m’étonne encore que ce fût aussi calme, entre des groupes qui parlaient, des couples qui s’embrassaient, des protestations énergiques qui se faisaient entendre mais sans violence. Ce qui n’a pas empêché les CRS de balancer gaz et flash-ball. Là, je me suis soudain lâché en leur hurlant qu’ils allaient finir par provoquer des morts. En effet, canarder une masse compacte et contenue de la sorte peut occasionner un mouvement de foule meurtrier. Considération qui semblait passer au-dessus de la tête conditionnée de ces gens-là, pour qui je confesse n’avoir plus beaucoup de respect.

Sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, à proximité, ce fut une autre ritournelle. Un petit groupe était empêché de passer pour nous rejoindre. Rapidement, les gaz lacrymogènes ont fusé et les esprits se sont échauffés, suivant la formule consacrée. J’ai ainsi pu constater les affrontements qui passent en boucle sur les chaînes de désinformation. Mais les gaz lacrymogènes arrivaient aussi sur nous, bloqués sur le parvis du musée d’Orsay où, à certains moments, nous étions littéralement asphyxiés. Sur un autre pont, des Gilets jaunes ont verbalement exprimé leur mécontentement à un cordon de CRS, qui les écoutaient avec une indéniable gêne. Savaient-ils, eux, ce que nous supposions tous, à savoir qu’on leur avait donné des ordres pour exciter la foule à devenir hostile, ce afin de satisfaire les décideurs ?

Comme on ne pouvait pas encore tirer à balles réelles sur ce peuple dérangeant, il s’en est finalement allé par les rues du quartier pour tenter, boulevard Saint-Germain, de forcer le passage et rejoindre la fameuse Assemblée nationale, censée représenter le peuple. Là, c’est devenu le chaos : véhicules en tous genres incendiés, barricades improvisées et elles aussi enflammées, jets de projectiles – dont votre serviteur a reçu son comptant ! –, auxquels répondaient des salves de flash-ball et gaz lacrymogènes, avec une précision douteuse, puisque tout le monde en profitait. Des charges à n’en plus finir, avec insultes et agressions de passants, comme ce jeune homme qui sortait de son travail et littéralement agrippé par un énervé de la BAC – brigade anti-criminalité. Dans cet embrasement, comme d’habitude, les pompiers ont été exemplaires de courage et d’abnégation ; saluons-les à nouveau. D’autant que les batteries des véhicules électriques incendiés explosaient dans tous les sens.

Petite anecdote : sur ce même boulevard Saint-Germain, une bonne dame du quartier a comiquement invectivé un groupe de jeunes Gilets jaunes au demeurant fort sympathiques : « Vous finirez à la soupe populaire ! » Oui, madame, sans doute grâce à des gens comme vous ! Les gamins se sont marrés.

Dans une ruelle, où je m’étais planqué pour souffler un peu, j’ai cru que ma bobine allait en prendre un coup,  pointée à moins de trois mètres par un flash-ball près à faire feu. Là, j’ai décidé de lever le pied, suivant désormais mollement l’action, accompagné de deux autres Gilets jaunes, eux aussi dans les mêmes dispositions.

On s’est finalement quitté place de la Concorde, tous autant écœurés que motivés à faire comprendre au pouvoir qu’il n’était qu’un Jupiter aux pieds d’argile. Quoi qu’il en en soit, c’en était fini de ma neutralité : il arrive un moment où, lorsque des petits vieux, des femmes et des types a priori tranquilles se font maltraiter, on est forcé de prendre parti. Le mien est à présent jaune. Quant aux casseurs, si je ne défends pas leurs méthodes – et suis bien incapable de dire d’où ils venaient cette fois-ci –, ils auront brûlé nettement moins de véhicules que les agneaux de la diversité le soir de la Saint-Sylvestre. C’est dit !

Charles Demassieux

 

 

1 réflexion au sujet de “Reportage: les gilets jaunes face aux pièges de la répression policière! Par Charles Demassieux! Prologue Gérard Brazon”

  1. Il est évident que les forces de l’ordre obéissent au pouvoir politique, qui de son côté, confond autorité et autoritarisme. Il faut y voir un manque d’expérience dans l’utilisation des forces de l’ordre. Le plus grave est que si un jour, ce manque d’expérience se traduit de la même façon avec l’outil militaire.

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