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L’OTAN recherche-t-il la confrontation avec la Russie? C’est l’idée… Par Erwan Castel

Les discours mièvres et hypocrites des occidentaux ont cessé depuis la crise ukrainienne où leurs proies principales, la Crimée militaire et le Donbass industriel ont su s’échapper des griffes du coup d’Etat organisé par leurs services sur la Maïdan. Désormais le masque est tombé !
SOURCE (DONBASS)
Depuis l’énervement du bloc occidental face à une Russie post soviétique qui résiste de plus en plus à son hégémonie esclavagiste, ne cesse de grandir et les gesticulations de l’OTAN en Europe sont le symptôme le plus visible de la préparation occidentale à cette guerre ouverte contre la Russie qui parait aujourd’hui quasi inévitable et que je pense pour ma part déjà commencée à travers les conflits asymétriques syrien et ukrainien.
L’OTAN, ce bras armé occidental sous commandement étasunien qui n’avait plus aucune raison d’être après la disparition de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie, non seulement a survécu à la fin e la « guerre froide » mais s’est même renforcé et lancé dans une conquête territoriale dans la zone d’influence russe et jusqu’à ses frontières occidentales (mais aussi orientales).
L’ « élargissement » de l’OTAN auquel il convient de rajouter le Monténegro, dans les Balkans, intégré à l’organisation militaire en juin 2017 mais aussi les pays factuellement alliés bien que non intégrés tel que la Géorgie, la Finlande ou l’Ukraine par exemple 
Et cette expansionnisme militaire occidental illustre bien la « stratégie du containment » de la Russie que la propagande de guerre du mondialisme continue de présenter comme exclusivement défensif et sous le doux euphémisme d « élargissement de l’alliance ».
Or, si on observe une carte de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord sous une projection polaire (moins occidentalocentrée) elle se passe de tout commentaire concernant la stratégie territoriale de l’Alliance vis à vis de la Russie, ce « heartland » que les thalassocraties britanniques et américaines ont toujours cherché à étrangler pour lui interdire des accès maritimes concurrentiels.
Projection polaire de l’OTAN avec au centre de la carte la Russie autour de laquelle il faudrait rajouter les centaines de bases militaires occidentales (principalement étasuniennes) positionnées dans le « himland », cette ceinture de pays situés sur la façade orientale de la Fédération (Afhganistan, Ouzbekhistan, Pakistan, Irak ,etc…) et où se situent ses portes économiques et routes énergétiques vers les mers chaudes.
Une mise sur pied de guerre permanente de l’OTAN 
Depuis ces dernières années les exercices militaires de l’OTAN se succèdent aux frontières de la Fédération de Russie dans un rythme devenu infernal par une fréquence et une importance exponentielles et sans limite.
Ainsi pour la seule année 2018, l’OTAN aura réalisé pas moins de 106 exercices conjoints dans plusieurs zones opérationnelles du théâtre d’opérations européen, auxquels il convient de rajouter quelques 180 exercices nationaux organisés par les pays membres de l’alliance.
 
Et désormais, depuis le sommet de l’OTAN de 2016 (Varsovie) où Moscou a été ouvertement déclaré ennemi principal de l’OTAN (donc de la ploutocratie mondialiste dont elle sert les intérêts), les scénarios des exercices désignent comme au temps de la guerre froide cherche à détruire des forces dont les caractéristiques jusque dans les moindres détails techniques et tactiques correspondent à l’armée russe.
Sauf que dans le contexte de la crise ukrainienne qui secoue l’Europe et celui de sa guerre dans le Donbass qui a déjà fait environ 20 000 morts et menace de s’étendre, il conviendrait de qualifier ce contexte géopolitique de « paix chaude » plutôt que de nouvelle « guerre froide ».

Dans les anneaux de l’Anakonda

Les exercices périodiques de l’OTAN sur les frontières occidentales russes sont pléthore: « Trident » Juncture », « Black Sea », »Saber Strike », « United Trident », « Sky Clear », « Rapid Trident », « Noble Partner », « Sea Shield » etc auquel il faut rajouter les installations militaires de l’alliance dans les pays proches de la Russie appelées: centres de commandement, aérodromes militaires, station de communications et radars, quais militaires quand ce ne sont pas carrément des bases terrestres aériennes et navales.

En fait la fréquence de ces exercices de l’Alliance ainsi que leur volume permet surtout aux occidentaux de maintenir en quasi continu sur les frontières de la Russie des milliers de combattants et d’équipements opérationnels en ordre de bataille.

Et la plus symbolique des ces cyniques « projection de stabilité » de l’OTAN est sans conteste l’ « Anakonda » (orthographe polonaise) exercices interalliés qui mobilisent chaque année des dizaines de milliers de soldats sur les frontières russes, principalement en Pologne et dans les pays baltes et dont le cru 2018 est actuellement en cours entre le 26 novembre et le 6 décembre.

Un iceberg nommé « Anakonda 18 »

Ce nouvel exercice de l’OTAN, aux objectifs et dimensions déclarées plutôt classiques et mêmes modestes cache en réalité comme la partie immergé d’un iceberg la répétition d’une guerre d’envergure préparée contre la Russie sur le théâtre d’opérations de la Baltique.

1 / Concernant les effectifs 

Sur son site web l’OTAN déclare pour cet exercice « environ 12 500 soldats en Pologne » auxquels il faut rajouter environ 5 000 soldats déployés en Estonie, en Lettonie et en Lituanie. »
Le problème est que cet effectif ce 12 500 pour la Pologne est insuffisant et même ridicule par rapport à celui qui doit normalement accompagné les quelques 5 000 unités véhicules militaires, 45 navires et 150 avions et hélicoptères déclarés participant à « Anakonda 18 ».

Alors pourquoi minimiser ici l’effectif réel engagé pour cet exercice dont les estimations des analystes approchent plutôt les 100 000 hommes ? L’explication la plus logique est que cette sous-estimation grossière est destinée à contourner l’invitation obligatoire d’observateurs des pays voisins dès lors que l’effectif de déployé par l’OTAN dans un pays dépasse 13 000 hommes.

2 / Concernant la durée 

La durée déclarée de l’exercice « Anakonda 18 » est également modeste : 12 jours du 26 novembre au 6 décembre.

Mais en réalité cet exercice n’est que la dernière partie nommée « Anakonka » d’un ensemble de manœuvres liées et qui ont commencé dès octobre avec une simulation de coordination interalliée entre les commandements opérationnels de l’armée polonaise, de l’OTAN et de l’Etat Major interallié du front Nord Est et se sont poursuivies en novembre par des exercices « Livex » en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, ainsi qu’en mer Baltique, plus des nationaux, tous complémentaires et convergents vers la phase finale qui est jouée lors de cet « Anakonda 18 »

3 / Concernant l’objectif

L’objectif officiel de ces exercices « Anakonda 18 » commandée par le major-général Tomash Piotrovsky, chef du commandement opérationnel des forces armées polonaises, est de « vérifier la compatibilité des forces armées polonaises avec les troupes de 10 alliés de l’OTAN: Tchéquie, Estonie, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Turquie et États-Unis ».

Là aussi, même si l’intention déclarée fait effectivement partie des objectifs logiques de tous les exercices interalliés de l’OTAN, le déploiement des participants sur le terrain montre clairement qu’au centre des exercices des portes flingues de l’impérialisme étasunien se trouve l’exclave russe de Kaliningrad dont la capture (ainsi que la résistance à dres contre-attaques venant de Russie et de Biélorusssie) est clairement l’objectif final de ce scénario imaginé par les apprentis sorciers galonnés étasuniens et européens.

Au cours de cet ensemble d’exercices seront testés entre autres :

  • le franchissement de coupures humides (fleuves, estuaires ou lacs),
  • l’utilisation de segments d’autoroute par l’aviation de combat,
  • la capture d’un navire dans une zone portuaire,
  • l’utilisation de gaz de combat y compris dans le cadre d’attaques maritimes,
  • l’évacuation de populations civiles,
  • les procédures d’emploi d’armes chimiques radiologiques et même nucléaires,
  • la mise ne oeuvre de chaîne médicale tactique,
  • la coordination de bombardements polonais et étasuniens, etc.

Les quelques informations qui ont filtrées concernant ces exercices liés de l’OTAN montre bien qu’ils se déroulent dans les 5 domaines de la guerre moderne à savoir Terre, Air, Mer mais aussi Espace et Cyberespace.

4 / Diminuer la dépendance technologique 

Ce qui est intéressant c’est que cet exercice va également essayer maintenir un niveau opérationnel pour des groupes de combat de l’OTAN autonomes, isolés et démunis de leurs moyens électroniques. Ce nouveau scénario de combat de l’OTAN et qui prend en compte les surprises désagréables des rencontres rapprochées avec des unités russes sont aussi un aveu d’impuissance des unités occidentales devant les capacités de guerre électronique russes

5  / Dans un environnement civil

L’implication de  la population civile civile dans le scénario de cet exercice est importante, et pas uniquement dans la définition d’un environnement passif des combats en zone urbaine imaginés mais également dans la coordination avec les autorités les administrations et forces de sécurité locales. Ces exercices visent a gérer les populations civiles dans le contexte d’une guerre moderne urbaine (évacuation, gestion des déplacement, logistique etc) mais également à les intégrer dans les dispositifs militaires et les actions menées. C’est dans cette hypothèse qu’a été organisée dans le déroulement de cet exercice la participation de quelques 450 milices armées non gouvernementales assistant les forces régulières de l’OTAN.

Kaliningrad est au Nord de la façade orientale de l’OTAN ce que la péninsule de Crimée est à son Sud: un bastion russe puissamment défendu et qui empêche aux occidentaux de stabiliser dans la profondeur un front contre les frontières de la Russie et qui est la condition sine qua non à une offensive militaire contre elle.

Neutraliser Kaliningrad (tout comme neutraliser la Crimée) sera une priorité et un prélude au déclenchement de la guerre contre la Russie car ses capacités militaires sont capables d’entraver l’agression occidentale suffisamment pour permettre à Moscou de mettre en oeuvre des contre offensives victorieuses. Voilà pourquoi tous les exercices de l’OTAN qui se déroulent dans ce pivot Nord de l’Intermarum (zone stratégique reliant la mer Baltique à la Mer Noire) sont basés sur la vitesse la brutalité et… l’option nucléaire tactique.

Erwan Castel

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