Islam dans le Monde, Islam en Europe, Islamisation Française

«Poutine ou la clairvoyance face à l’islam», Par Hélios d’Alexandrie

Dans cette chronique, Hélios d’Alexandrie jette un regard sur le monde avec les yeux du Président russe Vladimir Poutine.

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Si Winston Churchill, Charles de Gaulle et Ronald Reagan étaient encore en vie et s’ils dirigeaient les destins de l’Angleterre, de la France et de l’Amérique, l’histoire contemporaine ne s’écrirait pas de la même façon. Mais on doit à la vérité de dire que s’il se trouvait aujourd’hui des leaders de leur stature, ils n’auraient aucune chance d’être élus; car la majorité des citoyens serait incapable de reconnaître leur valeur et encore moins la nécessité de les porter au pouvoir. Nous vivons à une époque où les gens sur le plan politique n’ont plus de repères; dépourvus de vision à long terme et n’ayant aucun sens de l’histoire, ils sont incapables de reconnaître les dangers existentiels qui les menacent. L’illusion a désormais remplacé la réalité, le gros bon sens n’est plus de mise, la pensée et la parole sont prisonnières du tabou. L’Occident agressé s’épuise à se faire des reproches et à se punir des agressions dont il est victime, il n’en finit plus de boire le poison de la haine et du mépris que lui versent assidûment les musulmans.

Il n’est certes pas exagéré d’affirmer que les occidentaux n’ont pas encore pris conscience de la guerre qui leur est déclarée. Le refus de prendre acte de la réalité a pour conséquence le désarmement moral qui laisse à l’ennemi la latitude dont il a besoin pour choisir le jour, l’heure et l’objectif des attaques. L’Occident se prend les pieds dans les fleurs du tapis pendant que l’agresseur musulman fait flèche de tout bois. On est en droit de se demander s’il n’est pas devenu inconsciemment l’allié de son ennemi, refusant de voir ce qui crève les yeux, se préoccupant davantage de la sensibilité et du bien-être des agresseurs que de lui-même.

Le constat de Poutine

Bien qu’elle s’en distingue par certains aspects, la Russie fait partie de l’Occident, principalement par la géographie, la culture et la foi chrétienne. La communauté de destin n’est pas moins importante et il est difficile pour la Russie de ne pas se préoccuper de l’islamisation rampante de l’Europe occidentale. Elle constate avec effarement que les élites européennes ont perdu une bonne partie de leur instinct de conservation, au point d’accepter sans résistance les mutations progressives et radicales que leur impose l’islam.

Les craintes de la Russie sont justifiées, en Asie elle a de longues frontières avec l’islam, et pour peu que les pays islamiques limitrophes se laissent gagner par le jihadisme, sa sécurité et sa stabilité seront compromises. Le péril islamique est sans doute gérable au Sud de ses frontières en Asie, là où l’État russe exerce un contrôle certain et bénéficie de solides alliances; mais qu’en est-il de l’Ouest européen dans trente ou quarante ans? Poutine qui contrairement à nos leaders voit loin, s’inquiète des conflits futurs qu’une Europe islamisée générera en son sein, et qui sans doute s’étendront aux pays voisins, et de proche en proche à la Russie.

Vladimir Poutine a vu le danger que constitue pour la Russie le lent suicide de l’Europe occidentale. On peut même affirmer que l’annexion de la Crimée et les efforts déployés pour annexer les régions russophones de l’Ukraine visent, entre autres buts, à préserver du danger de l’islam autant de territoire que possible. D’aucuns ont prétendu que Poutine par sa politique a ravivé la guerre froide, rien n’est plus éloigné de la réalité, sa démarche n’a rien d’idéologique, il ne cherche pas comme aux beaux temps de l’URSS à imposer à des pays satellites une idéologie et un type de société. En homme réaliste il connaît les limites propres à l’économie russe et à sa capacité de soutenir un conflit de longue durée, par conséquent ses objectifs ne peuvent être que limités sur le plan géopolitique.

Soucieux de stabilité intérieure et d’unité nationale, Poutine a su préserver la Russie des dérives du multiculturalisme, il n’a pas permis aux idéologues de gauche d’occuper l’espace médiatique et encore moins de formater les esprits dans les maisons d’enseignement. Le nationalisme russe a été promu au grand chagrin des «élites intellectuelles» en Occident, et l’Église orthodoxe russe a retrouvé la place qu’elle occupait avant l’ère bolchévique.

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Face à l’islam, Poutine a fait preuve de fermeté. Il est parvenu à vaincre le jihad en Tchétchénie sans toutefois l’éradiquer entièrement. Il doit son succès à sa vision claire de la situation et à sa détermination d’aller jusqu’au bout sans se laisser distraire ou ralentir par les critiques.

Poutine et la source du jihad

La Russie est un producteur majeur d’hydrocarbures mais elle ne fait pas partie de l’OPEP, son pétrole n’est donc pas sujet aux limitations de production qu’impose le joueur principal de ce cartel soit l’Arabie saoudite. Dans le contexte économique actuel où l’offre de pétrole dépasse largement la demande, les pays producteurs sont frappés de plein fouet par la baisse du prix du brut. C’est l’Arabie Saoudite qui a initié et maintenu la baisse des prix afin de préserver ses parts de marché et torpiller l’exploration de pétrole non-conventionnel tel que le pétrole de schiste, extrait principalement en Amérique du Nord. Mais en provoquant cette baisse des prix l’Arabie Saoudite déclenchait par le fait même une guerre économique contre la République islamique d’Iran et la Russie, deux alliés clé du régime d’Assad en Syrie.

Poutine a de bonnes raisons de se méfier de l’Arabie Saoudite qu’il perçoit comme la source principale des problèmes qui affligent la planète. La montée en puissance de l’islamisme c’est elle, la multiplication des mosquées salafistes et la radicalisation des musulmans partout dans le monde, c’est elle. La talibanisation de l’Afghanistan et du Pakistan, c’est elle. Le terrorisme islamique en Somalie, au Mali et au Nigéria, c’est elle. L’islamisation de l’Europe occidentale et de la Turquie, c’est elle. La salafisation des pays musulmans à majorité sunnite, c’est elle. La guerre civile en Syrie, en Irak, en Lybie, au Yémen, en Somalie, au Nigéria et la présence de véritables armées composées de jihadistes, c’est elle, mais également le Qatar et à un moindre degré le Koweït. L’insurrection islamiste en Tchétchénie qui a drainé les ressources en hommes et en armes de la Russie, c’est encore elle. L’Arabie Saoudite c’était aussi, avant la chute du prix de l’or noir, plus d’un milliard de dollars de revenus tirés de l’exportation de son pétrole à tous les jours, ce sont aussi au-delà de 600 milliards de dollars de réserves monétaires parquées dans les banques occidentales, de quoi faire chanter ou à tout le moins persuader les chefs d’États occidentaux d’être plus que complaisants envers elle et l’islam.

La guerre civile en Irak et en Syrie a confirmé les pires appréhensions de Poutine. La persécution et la purification ethnique dont sont victimes les populations chrétiennes de ces deux pays lui ont ouvert les yeux sur le sort qui attend les non-musulmans dans tous les pays où l’islam est en expansion, comme en Europe occidentale et en Amérique du Nord; le même scénario si rien n’est fait pourrait bien se répéter un peu partout même en Russie. Du coup l’islam conquérant et destructeur de civilisations apparaît comme le principal danger de ce début du vingt-et-unième siècle. Cette conviction intime conditionnera désormais toutes les actions que Poutine entreprendra.

La vision stratégique de Poutine

La récupération et l’annexion de la Crimée par les Russes a fait dire à Obama que Poutine se comporte comme un leader politique du passé. Obama qui a fait vœu d’impuissance et bâti sa politique étrangère sur des schémas théoriques sans rapport avec le réel, n’est pas en mesure d’apprécier la démarche d’un chef d’État réaliste et entreprenant comme Poutine. Les États Unis sont au moins quatre fois plus puissants militairement que la Russie et leur armement est de loin plus sophistiqué et plus performant, mais il leur manque des éléments irremplaçables, soit une vision claire de la réalité, la capacité d’anticiper correctement l’avenir, des objectifs réalistes et une stratégie cohérente, en somme tout ce qu’un vrai chef d’État doit être en mesure d’offrir. En l’absence de ces éléments Obama a essuyé des échecs récurrents, sous sa gouverne l’Amérique est apparue faible, confuse et irrésolue; loin de faire preuve d’initiative il a été à la traîne des évènements et constamment en réaction.

Poutine n’a pas perdu de temps à saisir les points faibles d’Obama, loin de s’en réjouir il s’en est inquiété, car il est risqué et même dangereux de s’allier avec un partenaire sur qui on ne peut vraiment compter. La même conclusion s’applique à l’Europe occidentale, laquelle est largement dépendante militairement des États Unis et par conséquent tenue de suivre leur ligne et respecter leurs priorités en politique étrangère. Mieux vaut dans ce cas faire cavalier seul et s’en tenir à la défense des intérêts de la Russie en attendant des jours meilleurs.

Les évènements de Kiev la capitale de l’Ukraine et le rôle que les Américains y ont joué ont convaincu Poutine d’intervenir en Crimée et dans les territoires russophones de l’Ukraine, dans le but de préserver autant que faire se peut la position stratégique de la Russie. Ce ne sont pas tant les tentacules économiques ou militaires des Américains et des Européens de l’Ouest qui ont suscité sa méfiance, mais plutôt les courants idéologiques décadents tels que la rectitude politique, le relativisme culturel, le multiculturalisme, la haine du christianisme, l’aveuglement face à l’islam, bref tout ce qui a trait à la bien-pensance occidentale, laquelle réduit au silence et à l’impuissance la majorité des peuples d’Occident.

Poutine a identifié son ennemi, c’est l’islam sunnite fondamentaliste incarné par l’organisation multinationale des Frères Musulmans et par le courant wahhabite financé par l’Arabie Saoudite. L’islam chiite dans sa version khomeyniste n’est pas moins dangereux mais il est minoritaire et il a l’avantage d’être la bête noire de l’Arabie Saoudite et des courants sunnites extrémistes. Pour la Russie le chiisme ne constitue pas une menace et pour cause, il y a peu de chiites en Russie, par contre les sunnites sont nombreux et sensibles aux chants de sirènes émanant d’Arabie. L’hostilité déclarée entre sunnites et chiites, la guerre par procuration que se livrent saoudiens et iraniens sont pour Poutine une occasion à ne pas manquer d’affaiblir le camp sunnite et drainer ses ressources. Mais Poutine se garde bien de prendre ouvertement parti, il ne met pas en péril ses relations avec les arabes bien au contraire, car en prenant part au conflit syrien il se positionne comme un acteur incontournable et un intermédiaire crédible dans un éventuel règlement politique du conflit.

Mais en tant que joueur de poker Poutine se garde de laisser deviner son jeu et il n’abat jamais ses cartes au vu et au su de tout le monde. Il laisse peu de place aux émotions, tous ses coups sont calculés même quand il fait mine d’agir sous l’impulsion du moment. Il est un adepte du fait accompli, en Crimée comme en Syrie personne ne l’a vu venir et personne devant les faits n’a tenté de le déloger. Bien malin qui pourrait prévoir son prochain coup, car il est sans doute en train de le préparer, son équipée en Syrie n’a pas seulement pour but de maintenir Assad au pouvoir et assurer la présence des forces navales russes en méditerranée. Il s’agit également du premier avertissement à l’adresse de l’Arabie Saoudite et du Qatar à l’effet qu’il ne les laissera pas islamiser impunément le monde.

La Russie et la République islamique d’Iran ont des intérêts communs qui vont à l’encontre de ceux de l’Arabie, du Qatar et du Koweït. Ils se résument en deux points: conjurer le danger sunnite et hausser le prix du pétrole. Poutine encourage tacitement la réalisation d’un croissant chiite qui partirait du régime des mollahs iraniens pour aboutir au Liban sur les bords de la méditerranée, en passant par l’Irak et la Syrie. Ce projet empêche les monarchies pétrolières de dormir, et l’insurrection zaydite (une branche du chiisme) au Yémen ajoute à leurs craintes d’un encerclement par les forces chiite au Sud, à l’Est et au Nord. Ces craintes sont d’autant plus justifiées que toute la zone pétrolifère d’Arabie Saoudite est peuplée majoritairement d’arabes chiites, opprimés et marginalisés dans leur propre pays. L’État islamique et al Qaeda en Syrie constituent l’obstacle principal à la réalisation de ce projet, voilà pourquoi les saoudiens ne resteront pas les bras croisés à contempler la désintégration des armées jihadistes en Irak et en Syrie sous les coups combinés des Russes et des islamistes iraniens.

Poutine verrait sans doute d’un bon œil s’aggraver et s’étendre le conflit entre les forces chiites et les forces sunnites. Il ne lui déplairait pas que la production et le transport du pétrole du Golfe persique soient perturbés, et que les tankers soient l’objet de menaces réelles ou même d’attentats. L’important c’est la hausse du prix du brut qui en découlera et l’épuisement des wahhabites dans des hostilités sans fin, qui les forceraient à dépenser toutes leurs réserves monétaires. Que fera-t-il pour que les principaux protagonistes, à savoir l’Arabie Saoudite et la République islamique d’Iran, dépassent le stade de la guerre par procuration et en viennent directement aux mains? Il y a fort à parier qu’il vendra à la République islamique d’Iran toutes les armes que les mollahs désirent se procurer, incluant des systèmes avancés qui lui assureront également une supériorité qualitative. Tôt ou tard le choc aura lieu entre ces deux pôles du fanatisme islamique, occupés à s’entre-déchirer ils oublieront pour un temps le jihad contre les mécréants.

 

Poutine et l’État Islamique

Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que l’État Islamique est le rejeton plus que légitime du wahhabisme saoudien. Les loyaux sujets du califat à Raqua et Mossoul sont des musulmans au superlatif, ils appliquent à la lettre le vrai islam, celui de Mahomet et de ses successeurs les califes bien guidés. Ils ont remis au goût du jour la guerre de conquête, c’est à dire le jihad offensif et le projet de soumettre la terre entière à Allah et à ses représentants. L’État islamique n’éprouve aucune difficulté à recruter des combattants, c’est que les musulmans observants et bien au fait des textes sacrés de l’islam ne peuvent que reconnaître la fidélité de l’État islamique au coran, aux hadiths et à l’exemple du prophète. Un grand nombre de musulmans font ouvertement allégeance au calife actuel, mais un nombre encore plus grand lui fait allégeance silencieusement ou s’interdit de le condamner. On se rend compte à présent que l’État islamique représente pour la majorité des musulmans sunnites la renaissance du véritable islam et l’espoir, maintes fois déçu dans le passé, d’une réunification de la oumma au sein d’un empire en expansion continue.

On s’interdit en Occident de reconnaître cette réalité, mais il n’en est pas de même pour les décideurs russes. Poutine a bien compris les ressorts du suprématisme islamique et sa prétention à soumettre l’humanité à Allah et à la charia. Il constate que les récentes conquêtes de l’État islamique et l’allégeance que lui font les terroristes d’un peu partout, ont considérablement haussé son prestige. Il constate également que la mollesse des Occidentaux et particulièrement de l’Amérique a enhardi les musulmans et les a rendus plus arrogants et plus agressifs; à preuve l’attitude des Turcs lors de la minute de silence en hommage aux victimes du 13 novembre. Au stade de football où des dizaines de milliers de supporteurs turcs s’étaient rassemblés, la minute de silence a été largement perturbée par des Allah Akbar émanant des gradins. Il y a simplement des gestes spontanés qui en disent plus long que tous les propos lénifiants que distillent les médias au sujet de l’islam.

Poutine comprend très bien la mentalité islamique, il n’a que faire des élucubrations des «experts» qui voient dans chaque terroriste musulman une victime qui se rebelle contre son oppresseur. Il sait que les musulmans en général et les terroristes en particulier sont mentalement intoxiqués par les versets du coran, lesquels déshumanisent et couvrent de mépris les incroyants, tout en élevant les musulmans à un rang infiniment supérieur. En y regardant de près et surtout en lisant les déclarations des porte-paroles de l’État Islamique on réalise pleinement l’importance des idées suprématistes dans la motivation des jihadistes. Il convient donc de rabaisser leur caquet, les obliger à fuir et à se terrer pour échapper à la mort qui leur tombe du ciel. Les bombardements systématiques de leur infrastructure militaire et économique, de leurs camps d’entraînement, de leurs postes de communication et de commandement ont pour but principal de dissiper en fumée leur rêve de califat universel.

Poutine ne fait certes pas dans la dentelle, toute guerre est sale et celle-là ne fait pas exception; de toutes façons les médias sont absents du champ de bataille et les foules en Occident, depuis l’avènement d’Obama, ont remisé le slogan «No blood for oil». Elles avaient copieusement dénoncé la «busherie» par le passé, plus maintenant, Obama a beau lancer des bombes et Poutine a beau écraser quartier par quartier Raqua la capitale du califat, du moment qu’il ne s’agit ni de Bush ni des Israéliens, nul ne se donnera la peine de dénoncer qui que ce soit, même pas dans les médias sociaux.

Poutine a donc les mains libres et il en profite pleinement pour le grand malheur des jihadistes et des populations qu’ils tiennent sous leur joug. Mais les tapis de bombes que l’aviation de Poutine lance sur les villes tenues par les jihadistes, portent un message autrement plus éloquent à l’adresse de la oumma islamique. C’est le même message que les bombardiers alliés portaient à l’Allemagne nazie lors de la seconde guerre mondiale: «quand tout sera fini vous n’aurez plus le goût de vous battre et encore moins de cracher votre haine, vous serez guéris et pour longtemps de votre prétention à dominer le monde!»

Poutine vs Erdogan

Comment tirer le maximum d’une bévue commise par l’adversaire? Telle est la question que Poutine s’est posée après qu’un F-16 turc ait abattu un bombardier russe qui a survolé par erreur le territoire turc durant 17 secondes; l’ordre de tirer sur le Sukhoi est parti du palais présidentiel à Ankara. S’appuyant sur l’OTAN Erdogan croyait frapper un grand coup, il était certain de susciter à bon compte l’enthousiasme des turcs et conforter les jihadistes, passablement éprouvés par les bombardements russes. Mais il espérait également que cette provocation pousserait les Russes à répliquer en attaquant les forces aériennes et terrestres de la Turquie, ce qui amènerait les membres de l’OTAN et en particulier les Américains à voler à son secours. Erdogan cherchait par là à tuer dans l’œuf tout projet de coalition entre les États occidentaux et la Russie, dans leur lutte contre l’État islamique.

Dans cette affaire Erdogan s’est comporté comme tout bon islamiste l’aurait fait: il a agressé des mécréants et s’est plaint en même temps d’être leur victime. Il s’agissait d’une manipulation classique dans laquelle les Américains se sont laissé prendre initialement, accordant à Erdogan un appui verbal mais sans plus. Les Européens et en particulier les Français et les Allemands, encore sous le choc des attentats de Paris, n’ont pas marché, bien plus, ils ont vu clair dans le jeu d’Erdogan et ne se sont pas gênés pour le lui dire. La réaction mesurée de Poutine et son refus catégorique de répliquer par les armes, a permis de réduire les tensions et a rassuré les occidentaux.

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Poutine a agi avec sagesse, il n’a pas mordu à l’hameçon et il a maintenu le cap, mais il n’a pas pour autant pardonné à Erdogan, bien au contraire, il a profité de cette occasion pour l’affaiblir sur le plan économique: Interdiction aux touristes russes de visiter la Turquie, interdiction d’importer des denrées agricoles turques et en particulier les légumes frais, arrêt des exportations de gaz naturel en direction de la Turquie, interdiction aux entreprises turques de faire des affaires en Russie, etc. Parallèlement Poutine a accentué les bombardements sur les installations pétrolières de l’État islamique et sur les milliers de camions citernes qui transportent le pétrole en direction de la Turquie, il fait ainsi d’une pierre deux coups, il tarit les ressources en argent de l’État islamique et il prive Erdogan et sa famille des fruits de la contrebande de pétrole.

Mais Poutine ne se venge pas d’Erdogan pour le plaisir de se venger, en fait il ne fait que profiter de l’occasion qu’Erdogan lui a bêtement fournie, pour le démasquer et saper son pouvoir. La mégalomanie d’Erdogan est à la racine du problème, en tant qu’islamiste il se voit comme le digne héritier des sultans ottomans. Le chaos en Syrie et en Irak sert ses ambitions, il attend tranquillement que tout le Moyen-Orient se consume pour annexer à vil prix de larges territoires de la Syrie et de l’Irak. C’est la raison pour laquelle il collabore à fond avec l’État islamique en achetant son pétrole, en permettant à ses combattants de transiter par la Turquie et en lui procurant les armes et les équipements dont il a besoin pour poursuivre ses conquêtes. Erdogan ménage ses propres forces pendant que l’État Islamique tire pour lui les marrons du feu, d’où son dépit et sa colère face à l’intervention russe en Syrie qui compromet sérieusement ses projets.

Il est encore tôt pour évaluer l’impact de la guerre économique que Poutine a déclarée à Erdogan. Nul doute qu’il tente de rallier les États de l’Europe de l’Est à sa cause. Historiquement l’Europe de l’Est et le Caucase ont souffert du joug turc, le ressentiment à l’égard des ottomans est bien présent et la montée en puissance de l’islam n’a rien qui les rassure. Il est donc possible que des pays comme la Grèce, Chypre, l’Arménie, la Serbie, la Bulgarie, la Hongrie se joignent à la Russie et appliquent à l’endroit de la Turquie des mesures de rétorsions économiques.

Poutine a le triomphe modeste, depuis les attentats de Paris le vent a changé en sa faveur, son intervention massive en Syrie a forcé les chefs de gouvernements occidentaux à changer leur fusil d’épaule. Hollande et Obama ne réclament plus la tête d’Assad, leur priorité à présent est d’anéantir l’État islamique, ils ont même convaincu Merkel et Cameron d’embarquer dans la lutte. À présent Américains, Français, Anglais et Russes bombardent à qui mieux mieux le Califat Islamique, tandis que les forces irakiennes et syriennes reprennent graduellement du terrain. Le sultan Erdogan peut aller se rhabiller!

L’effet Poutine en Occident

Le patriotisme sans complexe de Poutine plaît, son rejet du multiculturalisme à l’occidentale encore plus. Voilà un chef d’État qui se préoccupe de préserver l’identité nationale de son pays et qui ne se laisse pas bousculer par les bien-pensants de la gauche islamophile et suicidaire. Mieux encore, contrairement aux leaders occidentaux, Poutine parle peu et agit beaucoup, sa politique du fait accompli irrite certes, mais elle dépasse rarement les limites du raisonnable. On lui reproche non sans raison de faire fi de la démocratie et des droits de la personne, mais ceux qui lui font ce reproche se moquent éperdument de leur propre opinion publique massivement opposée à l’immigration de masse et à l’islamisation de la société.

Les peuples en Occident sont littéralement dépossédés de leurs propres pays, systématiquement désinformés ils n’ont plus de prise sur leur destin. Les chefs de gouvernements occidentaux sont faibles, dénués de vision et idéologiquement formatés; leurs priorités sont principalement économiques, le long terme et l’avenir de la société occidentale ne les préoccupent aucunement. Les calculs électoraux priment sur tout le reste, c’est pourquoi ils prennent soin de ne pas dévier de la pensée unique, de peur de s’aliéner les médias et les faiseurs d’opinion.

Poutine, en dépit de sa carrière initiale au sein du KGB, apparaît comme un vrai leader qui incarne la volonté et les aspirations de son peuple. À bien des égards il est plus représentatif et plus légitime que la majorité des leaders occidentaux; voilà pourquoi sa popularité en Occident ne cesse d’augmenter. Comparé à des chefs de gouvernement comme Hollande, Merkel, Cameron, Trudeau ou Obama, Poutine semble appartenir à un tout autre monde, un monde où l’amour de la patrie, son intégrité, son intérêt, la sauvegarde de son identité et de ses valeurs chrétiennes priment sur tout le reste. Un monde où un leader fait ce qu’il est supposé de faire, c’est à dire désigner l’ennemi par son nom et prendre tous les moyens pour l’anéantir.

«Poutine ou la clairvoyance face à l’islam», par Hélios d’Alexandrie

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